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Annuelle : Septembre 2007
Trimestrielle : Novembre 2007
 


Article principal du prochain numéro trimestriel

Or et argent

Les banques centrales font penser à un éléphant dans un jeu de quilles

Les fondamentaux en vigueur sur le marché de l'or continuent à plaider en faveur du trend haussier du métal jaune. La demande progresse toujours: les joailliers, responsables des trois quarts de la consommation d'or, ont absorbé au premier trimestre 17% de métal en plus qu'en 2006 à périmètre constant. Dans le même temps, l'offre (-2%) peine à suivre du fait de mines moins productives et de la faiblesse des nouveaux gisements découverts. Au premier trimestre 2007, le déficit de l'offre portait, selon le Conseil mondial de l'or (World Gold Council ou WGC), sur une vingtaine de tonnes.

Comment expliquer, dès lors, que le cours de l'once d'or peine cette année à renouer avec les returns à deux chiffres des précédentes années (+23% en 2006 et +18% en 2005)?

Depuis le début de l'année, le métal précieux fait état d'une appréciation de près de 6,5% à 655 USD, ce qui porte tout de même ses gains à +154% depuis les planchers de 2001. La réticence de l'or à franchir les 700 USD tient d'une part au léger raffermissement du dollar US et au fait que les banques centrales de la zone euro ont vendu beaucoup plus d'or que d'habitude ces dernières semaines: depuis début avril, leur détention d'or a diminué d'un montant équivalent à 1,46 milliard d'USD, soit -2,83% sur un an. Si cela a pu servir de prétexte à des prises de bénéfice, il n'en reste pas moins que ces ventes sont conformes au moratoire signé en 2004 et visant à limiter les ventes d'or des principales banques centrales à 500 tonnes par an jusqu'en 2009.

Le phénomène de court terme ne doit toutefois pas masqué que l'un des atouts majeurs du marché de l'or est, sans conteste, la situation de «contango» qui y prévaut: l'écart de près de 175 USD entre les cours de l'once d'or à 1 mois (651 USD) et à 52 mois (821 USD) montre clairement que le marché des futures (contrats à terme) est pleinement conscient de la nature fondamentalement tendue de l'équation offre/demande.

Peter Richardson, analyste de Deutsche Bank, évoque un déficit de l'offre de 107 tonnes appelé à s'accroître dans les années à venir (-165 tonnes en 2007 et -278 tonnes en 2010), résultant d'une demande soutenue (la demande industrielle a atteint en 2006 un sommet historique de 458 tonnes) et d'une offre qui, faute d'investissements suffisants ces dernières années, tend à diminuer (-13% en 2006).